Plus de 2 millions de personnes signant une pétition pour obtenir un débat démocratique sur les conditions de la production agricole et ses impacts pour la santé et l’environnement, c’est en soi une bonne nouvelle démocratique. Le conseil constitutionnel en jugera au regard de la Constitution, mais les conditions d’adoption de cette loi Duplomb, sans débat à l’Assemblée Nationale, n'ont fait que souligner une fois de plus l’affaiblissement de nos délibérations collectives. Les parlementaires et le gouvernement, voire le président de la République, seraient bien inspirés de susciter une discussion de fond et de reprendre leur copie bâclée.
Et quoi après cet élan démocratique et participatif ? Croit-on que l’on avancera vers des solutions en se laissant emprisonner dans une confrontation entre ceux qui « se fichent de la rentabilité des agriculteurs » et ceux qui affirment que les produits chimiques « ne sont pas nocifs » pour la santé des agriculteurs et des consommateurs ?
Comme pour tout ce qui tend si (trop) fort la société, tout devrait être exprimé et entendu, en tournant le dos aux dogmes, au mépris, aux mensonges et à l’influence des lobbys : les exigences de la production agricole, l’inquiétude qui étreint bien des agriculteurs sur leur devenir et leur sentiment de « citadelle assiégée », les exigences de l’alimentation, de la santé et de l’environnement, la diversité des modes de production et l’inventivité de bien des paysans, le coût et la bonne utilisation des aides publiques.
Alors après cette pétition offrons un long séjour (très) loin de nous à celles et ceux qui, de tous bords, ne cherchent qu’à provoquer la confrontation, et ouvrons l’expression et le débat libres et respectueux sur le devenir de notre agriculture, de notre alimentation et de notre environnement. Et maintenant ? De l’air !
Photo Alain Jocard AFP
